Phototypes : adapter chaque soin, de la peau claire à la peau noire

Laser, peeling, appareils chauffants : un même protocole ne donne pas le même résultat sur une peau claire et sur une peau foncée. Ce que le phototype change en cabine, et comment sécuriser vos soins.

4 min de lecture
Rangée de mains et d’avant-bras aux carnations allant de très claire à très foncée
Sommaire 5 parties
  1. 01L’échelle de Fitzpatrick, votre premier outil
  2. 02Ce qui change d’une peau à l’autre
  3. 03Les technologies qui dépendent du phototype, et les autres
  4. 04Peaux foncées : les soins à privilégier
  5. 05Le bon discours

Le phototype n’est pas qu’une affaire de bronzage. La quantité de mélanine s’accompagne de différences de structure et de réaction de la peau, qui changent la façon de régler un laser, de choisir un peeling ou de doser un appareil chauffant.

L’enjeu est double : éviter brûlures et rougeurs prolongées sur les peaux claires, éviter les taches pigmentées sur les peaux foncées. Et, au passage, bien accueillir une clientèle que beaucoup de professionnels de l’esthétique ne savent pas encore prendre en charge.

L’échelle de Fitzpatrick, votre premier outil

Publiée en 1975, elle classe les peaux en six phototypes selon leur couleur et leur réaction au soleil, du phototype I (très clair, brûle toujours, ne bronze jamais) au phototype VI (peau noire, ne brûle pratiquement jamais). Un questionnaire simple (taches de rousseur, facilité à bronzer, coups de soleil) et l’observation suffisent dans la grande majorité des cas. En cas de doute, choisissez les réglages du phototype le plus foncé et faites un test.

ÉCHELLE DE FITZPATRICKIbrûle toujoursIIbrûle souventIIIbrûle parfoisIVbronze facilementVbrûle rarementVIne brûle pasPeaux clairesrisque : rougeurs, brûluresPeaux mates à foncéesrisque : taches après inflammation
Les six phototypes et le risque principal de chaque groupe.

Ce qui change d’une peau à l’autre

Les différences ne sont pas seulement esthétiques : elles sont fonctionnelles.

Peaux claires (I à III)Peaux foncées (IV à VI)
SoleilBrûlent facilementBrûlent moins, mais pigmentent de façon inégale
Après une agressionRougeurs, érythème, tendance à la rosacéeTaches pigmentées post-inflammatoires
BarrièrePlus fine, perd plus d’eauCouche cornée plus compacte, sujette à la sécheresse
VieillissementPhotovieillissement précocePlus tardif, avec une perte de densité localisée
Acides et peelingsBien tolérés en formule douceRisque de taches si l’acide est trop fort
D’après Fitzpatrick (1988), Alexis et Alam (2020) et Callender et al. (2020).

Les technologies qui dépendent du phototype, et les autres

Toutes les technologies qui utilisent la lumière (lasers, lumière pulsée) sont sensibles au phototype : la mélanine de la peau absorbe une partie de l’énergie destinée à la cible. Plus la longueur d’onde est grande, plus elle pénètre en profondeur et moins l’épiderme l’absorbe.

  • 755 nm (alexandrite) : poils fins sur peaux claires.
  • 808 nm (diode) : la référence polyvalente, avec des réglages adaptés.
  • 940 et 1064 nm : les plus sûres sur peau foncée.

Radiofréquence, HIFU, cryolipolyse et EMT ne reposent pas sur l’absorption de la lumière par la mélanine : elles s’utilisent sur tous les phototypes, avec les précautions habituelles.

Praticienne réalisant une épilation laser des aisselles, la cliente portant des lunettes de protection

Laser

En épilation, le phototype guide tout

Il détermine la longueur d’onde et l’énergie. Sur les phototypes V et VI, des réglages plus prudents imposent souvent plus de séances et des intervalles plus longs, et un test préalable sur une petite zone est indispensable.

Avec quatre longueurs d’onde (755, 808, 940 et 1064 nm), l’EpilPro MAX adapte chaque séance au phototype, du I au VI.

Peaux foncées : les soins à privilégier

Sur les phototypes IV à VI, les soins doivent être progressifs, réparateurs et anti-inflammatoires, avec une approche préventive des taches. Certains traitements très efficaces sur peau claire deviennent irritants ou pigmentogènes s’ils ne sont pas adaptés : peelings trop forts ou à pH trop bas, techniques abrasives, chaleur mal maîtrisée, actifs photosensibilisants sans protection.

Quatre soins bien tolérés par toutes les carnations

  1. 01
    Le microneedling doux

    Avec des sérums non acides, il affine le grain et ravive l’éclat sans agresser la surface.

  2. 02
    Les peelings aux acides doux

    L’acide mandélique pénètre lentement et irrite moins. Les Peel 2.0 l’associent à des actifs apaisants et anti-taches.

  3. 03
    La LED

    Bien tolérée par tous les phototypes, elle limite les inflammations qui provoquent les taches.

  4. 04
    L’hydro-microdermabrasion

    Non abrasive, elle nettoie, exfolie et hydrate en douceur. C’est le principe de l’AquaPeel IV.

Le bon discours

Personnaliser, ce n’est pas « traiter différemment ». Bannissez « éclaircissant » et « blanchissant » : parlez d’uniformiser le teint ou de révéler l’éclat. Expliquez à la cliente pourquoi vous choisissez telle longueur d’onde ou tel acide : c’est ce qui installe la confiance.

Savoir adapter ses soins à toutes les carnations est un vrai facteur de différenciation, sur un marché encore peu formé à ces spécificités.

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